ZOULETTE // Une « sale gosse » dans la ville !

By Amelie Sales — mars 08, 2013

ZOULETTE PORTRAIT (c)xdrQuand on pense à l’art de rue (ou « street art » pour les intimes !) on s’imagine souvent un monde de mecs virils bravant les dangers du vandalisme pour déployer leur art sur les murs de la ville, bombe aérosol en main, capuche sur la tête, tels des kamikazes de la peinture. Or, c’est un peu ça mais pas que ! Au milieu de cette jungle urbaine, une jeune femme de 30 ans bien dans ses bottines a su imposer sa « sale gosse » en papier dans la street.

Qu’on se le dise, la rue n’appartient pas qu’aux hommes ! Et même si le territoire est principalement conquis par nos confrères, fort heureusement, quelques femmes comme Zoulette ont su prendre la parole dans l’univers du street art ! Non seulement la blonde pétillante s’est prise d’engouement par ce milieu aux prémices de son adolescence, mais elle a également réussi à inclure sa « sale gosse » sur cet immense terrain de jeu. A Montpellier, la petite fille à la longue tresse et casquette à l’envers déambule sur les murs jouant dans la rue comme dans une cour de récréation. Elle tire la langue, s’amuse, boude, rêve, sourit… mais arrivée à l’âge de raison, elle se pose des questions et nous interpelle par la même occasion. « Elle se questionne sur le monde dans lequel elle vit ! Et comme elle ne veut pas se questionner seule, elle interroge les autres avec sa peinture ! » Une pointe de couleur flashy dans un univers grisonnant, un brin de spontanéité dans un monde trop souvent calculé, Zoulette tente alors d’émoustiller l’enfant qui sommeille en chacun de nous. « On n’accorde pas assez de crédit à la parole de l’enfant. C’est dommage car les gosses ont plein de choses à dire et on dit bien plus de conneries quand on grandit ! Pour ma part, je pense que le plus gros de la personnalité se forge quand t’es gamin. L’essentiel de nos actes sont dictés par ce qui nous anime depuis l’enfance. En tout cas, c’est comme ça pour moi ! » A travers sa sale gosse, l’artiste autodidacte défroisse donc sa vision du monde aux passants qui croisent ses collages. Et accompagne parfois son perso d’un message. Quand on sait que la vérité sort de la bouche des enfants, ce dernier passe avec d’autant plus de douceur ! Et face à la bouille de cette gamine aux joues couleur fraise, il est fort à parier que la démarche de la street-artiste est mieux appréciée.

« Cette sale gosse, c’est une partie de moi ! »

LA SALE GOSSE A PARCOURS (c)xdr Désir accru de s’exprimer : c’est l’essence même de tout artiste. Si certains font des attentats à la bombe, Zoulette elle, fait « des attentats à la peinture ! » Dans une société où il semble parfois difficile de s’affirmer, Zoulette a choisi le street art comme exutoire par excellence. « C’est vrai qu’en France on a le droit de s’exprimer, mais la liberté reste limitée. Le street art permet de dire ce que tu veux, où tu veux, quand tu veux ! » Revendicatrice et passionnée de dessin, c’est dès l’âge de 12 ans qu’elle empoigne une bombe de peinture pour la première fois dans son quartier populaire de Lyon. Dès lors, elle ne la lâchera plus et les graffitis de Miss Van ou encore les pochoirs de Miss.Tic sur les murs de son quartier auront eu raison de son attrait pour l’art de rue. Aujourd’hui, c’est par le collage que Zoulette met en scène son univers pigmenté et sa gamine aux airs facétieux, attirée par le papier comme un clin d’œil aux affiches de protestation qui ont marqué l’Histoire. Ainsi, à l’heure où tous les chats sont gris, la jeune femme investit son atelier de fortune pour donner vie à sa « sale gosse ». Armée de rouleaux de papier, de ses pinceaux, bombes aérosol et autres marqueurs acryliques, Zoulette dessine les traits de son personnage avant de les sculpter au scalpel. Elle prépare la petite fille à sortir dans la rue avant d’orner les parois de sa présence. « Je passe mon temps à regarder les murs, à chercher celui qui me conviendrait le plus pour poser mon personnage. J’ai même prélevé la dimension de certaines façades de Montpellier pour faire des sketchs en fonction du lieu ! »

Pour l’heure, si la jeune femme n’a pas pour ambition d’exécuter son art sur les dimensions limitées d’une toile, cette addict de la bande-dessinée rêve secrètement de partager ses dessins dans les pages d’un canard pour illustrer l’actualité. En attendant que cela arrive (et on croise les doigts !) il ne vous reste plus qu’à garder l’œil ouvert lorsque vous sortez dans Montpellier !

(Article publié dans le magazine Grizette du 1/12/2012 – Auteur : A.Sales)

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