POLAR // C’est l’histoire d’un Bojo…

By Amelie Sales — janvier 27, 2012

Un jeudi midi de janvier, déjeuner pris avec le graffeur Polar, au Bar du Musée. C’est là qu’il expose jusqu’au 12 février ses dernières créations. Une petite table, des pâtes aux morilles, un verre de vin rouge et au-dessus de nous, deux de ses tableaux. Des Bojos, encore des Bojos. Un se gratte les aisselles tandis que l’autre danse la polka. Mais qui sont ces personnages énigmatiques qui trouvent résidence dans une exposition temporaire ?

Haut perché sur deux jambes filiformes, un seul œil et un nez qui n’a rien à envier à celui du Chat de Geluck, le Bojo s’exhibe sur les murs de la ville et annonce la couleur : « I watch your back », entendez par là « je surveille vos arrières ». Il tapisse nos venelles montpelliéraines pour le plus grand plaisir des adeptes du street art et des passants moins avertis. Mais le Bojo n’est pas seul : « il fait partie d’une grande famille. Tels les Schtroumpfs, ils se ressemblent tous et pourtant, ils sont tous uniques ! » précise Polar. Colorés, toujours de bonne humeur, c’est avec humour que les Bojos véhiculent leur message quand parfois ils ne livrent que l’esthétique singulière de leurs traits naïfs et des couleurs chatoyantes. Chaque Bojo a donc son histoire mais leur nom en a une bien particulière. « C’est comme ça qu’on me surnommait aux Etats-Unis quand je travaillais comme pépiniériste de 2007 à 2009. Bojo vient de Bojangling en anglais, qui signifie être fainéant ! ». De retour à Montpellier après ces deux années passées à Washington D.C., il se jure de baptiser un jour un de ses personnages de la sorte. En 2010, le Bojo voit le jour et devient la signature visuelle de l’artiste de 24 ans… pas si fainéant que ça !

Quand Polar fait le mur…

Pour aller tagger les murs de Montpellier, Polar a d’abord fait le mur de sa chambre dés l’âge de 13 ans, bravant le sommeil de sa mère. « Vandale ! » s’exclame un serveur du Bar du Musée. Le mot est lâché ! L’illégalité et son lot d’adrénaline, c’est justement ce qui poussait l’adolescent à signer les parois de son quartier et de son école. Et c’est cette même adrénaline qui l’anime toujours lorsqu’il esquisse ses Bojos à la nuit tombée. Aujourd’hui étudiant en graphisme, il puise sa richesse dans la culture, dévore des livres sur l’art, parcourt les musées de chaque ville qu’il visite, sillonne les Biennales de l’Art contemporain de Venise et de Lyon, s’ouvre à tous les mouvements artistiques au-delà des frontières du graffiti… Et tend à se perfectionner davantage : « En cours, je dessine beaucoup. Les cours d’Histoire de l’art m’inspirent beaucoup. Je dessine, inconsciemment, sur un coin du cahier. Les cours de dessin m’aident à sortir de mon monde de Bojos et à acquérir des techniques que je développe par la suite. »

« 2011 » : Une expo sur mesure

L’exposition « 2011 » qu’il partage avec M.Rigolo (un autre graffeur montpelliérain), se veut être une rétrospective sur les événements marquants de l’année en question. Sur toiles et papiers, à l’encre de chine, à la peinture acrylique ou encore au posca, Polar a décliné ses Bojos pour nous parler de ce qui l’a marqué en 2011. « Le tableau de DJ Mehdi est pour moi la pièce maitresse de cette exposition ». Autour du défunt DJ, deux autres tableaux rendent hommage à la présidente du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf ainsi qu’à sa compatriote Leymah Gbowee et à la Yéménite Tawakkul Karman, trois femmes ayant reçu le prix Nobel de la paix 2011. « Je trouvais ça important d’en parler. Je trouvais ça assez noble aussi que ces femmes africaines et arabes aient reçu ce prix, quand on sait que les conditions de vie dans ces pays ne sont pas les meilleures pour les femmes ! » Enfin, derrière Polar, cinq petits tableaux se succèdent. Le Bojo prend des airs d’Amy Winehouse, de Kadhafi ou encore de Kim Jong-il. « Avant tout, la représentation de la chute de ces deux dictateurs est faite avec humour, sans être agressive ni choquante ». Parce que finalement dans l’art, on transmet ce que l’on est… « et moi, on me dit que je suis un optimiste, toujours souriant ! ». Alors, pour mieux appréhender l’optimisme de Polar, il ne vous reste plus que deux choses à faire : prendre le chemin du Bar du Musée avant le 12 février et toujours garder un œil attentif sur les façades de la ville !

► Bar du Musée : 1, rue Montpellieret – Montpellier
►► Pour voir les Bojos de Polar, c’est ICI !
►►► Pour voir son expo collective avec LadySonp, Smole, Salamech et Momies, cliquez ICI !

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(4) Readers Comments

  1. aie aie aie le 34 !!
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    2 février 2012 at 16:41

    qu'il est bon ce polar partie d'une chrome pour revenir avec des couleurs et vous en mettre plein la guele haha continue comme sa et nique tout cousin ;)

  2. Collectif des 12 Singes (staff graff)
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    4 février 2012 at 22:17

    Très bon article sur un grand et très sympatoche street-Artiste. Passez sur la page Facebook "Street-Art mad'in Montpellier" pour voir et partager des photos de bojos. http://​photograffeurs. over-b​log.net

  3. 5 février 2012 at 21:24

    je suis passé a l'expo, et j'ai été agreablement surpris. bonne route a lui!

  4. Zoulette
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    31 mars 2012 at 19:51

    Cool ;)) Assez d'accord avec le fait que l'univers de l'artiste reflète en partie sa personnalité héhé. Polar doit être bien en place si on s'y fit ;) Une belle continuation à lui!!

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