LAHOUARI MAACHOU // Pas de break pour le militantisme !

By Amelie Sales — février 11, 2012

A la tête de la Maison pour tous George Sand à Montpellier, Lahouari Maachou alias Bboy Law, troque son costard contre un jogging pour entrainer son corps sur les beats du Hip-Hop Old School. Mais qu’il soit directeur ou leader, son objectif reste le même : mener le Bboying local à son rang le plus haut et faire du Hip-Hop une culture accessible à tous.

Directeur de la Maison pour tous George Sand au quartier des Aubes à Montpellier, Lahouari Maachou prépare activement le prochain festival Sand pour Sand qui aura lieu du 16 au 22 avril prochain. Au programme : une expo photo, des stages et des représentations de danse, un tremplin chorégraphique ainsi qu’un battle Hip-Hop. La touche finale de cet événement : une expo de sneakers orchestrée par Lahouari, fan de ces baskets à l’esthétisme imparable. Dans son bureau, pas moins de six boites de sneakers s’empilent les unes sur les autres, car avec Lahouari, c’est un peu… « Jamais sans mes sneackers ! ». Mais Lahouari, c’est surtout « Jamais sans le Hip-Hop ». Et devenir directeur de la Maison pour tous Georges Sand, qui a développé un pôle danse il y a quelques années, était une aubaine pour le Bboy de la compagnie Darklight pour faire évoluer le breakdance local.

Le Hip Hop voit Midi à sa porte

Qui dit Lahouari, dit « Darklight » : le crew de breakers qu’il a fondé en 1997, alors âgé de 23 ans. « Mon seul objectif quand j’ai commencé, c’était mon militantisme dans la danse Hip Hop. Je voulais la décentraliser, du nord de la France vers le sud. Prouver que dans le sud, il y avait du niveau et que l’on pouvait être tout aussi crédible qu’à Paris. Je voulais changer cette image de Provinciaux sans potentiel. Mais au début, c’était dur. Avec mes danseurs, on se faisait boycotter dans les battles à Paris parce qu’on était du sud ! » Mais la ténacité du groupe et la forte personnalité de chaque Bboy qui le composait ont eu raison des préjugés. Au fil du temps, Darklight fait sa place et acquière l’estime qui lui revient. « Darklight, c’est le seul crew qui a réussi à avoir une notoriété, à être crédible dans le national et l’international. C’est le seul crew qui a été reconnu en France par nos pairs ! » Malheureusement, il y a 5 ans, Darklight s’éteint : « les danseurs ont voulu voler de leurs propres ailes et n’ont pas supporté la pression au seuil de la reconnaissance internationale ». Mais n’en déplaise aux moins téméraires, Lahouari ne renonce pas à la danse et se vouera à encadrer d’autres crews tels les BodyTalk ou encore les Nick-elles, un crew 100% féminin. « J’aide et participe à l’élaboration et à la création des crews. Entre autres, je les accompagne, leur mets des salles d’entrainement à disposition, travaille sur leur autonomie et, dans ma Maison pour tous, j’ai créé un espace de création musicale pour que les danseurs puissent avoir accès à la production de leur bande-son. »

On redémarre une nouvelle genèse !

 

 

Le leitmotiv de Lahouari reste toujours le même qu’à ses débuts : élever le break montpelliérain au rang national et international. Mais quand il s’aperçoit du manque de crew à Montpellier, il n’hésite pas à recréer Darklight. « Avec le nouveau Darklight, je veux créer une dynamique au niveau local. Ici, ça manque de diversité. Le Furies Crew à Montpellier monte en force et a besoin de concurrents. C’est important cette compétitivité, elle nous aide à tous à progresser. Mais pour qu’il y ait compétition, il faut des crews ! Avec Darklight, on redémarre une nouvelle genèse avec de nouveaux danseurs et j’attends aussi de certains d’entre eux d’être reconnus au niveau international ! » Alors, toujours en quête de faire bouger les breakers montpelliérains, Lahouari organise des battles ouverts à tous les Bboys. Prochain battle en date : le « Juste pour mon Kiff », le 19 février à la Maison pour tous George Sand (voir photos du battle). Et le 22 février, la nouvelle génération Darklight se produira lors du festival Caph’ARTnaûm à la Maison pour tous Rosa-Lee Parks, au quartier Malbosc.

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