LADY SONP // Les femmes descendent dans la rue

By Amelie Sales — mars 06, 2012

Elle a parcouru l’Asie jusqu’à ses 13 ans, vécu en Papouasie, Nouvelle Guinée ou encore en Indonésie. Aujourd’hui, elle balance sur les murs son univers coloré, ses femmes bien roulées et sa vision de la féminité. Zoom sur Lady Sonp, une graffeuse montpelliéraine qui n’en finit pas de charmer la street.

Sur votre chemin, ne vous étonnez pas de croiser la route de poupées aux allures de Bratz™ dolls, aux sapes vitaminées et aux lèvres siliconées qui vous susurreront entre autre que « les filles aussi ça fait caca ! ». Oui, qu’on se le dise, puisque les filles font tout comme les garçons, elles ont sans conteste leur place dans le milieu du graffiti. Lady Sonp nous le démontre par A + B. Derrière la femme coquette aux ongles multicolores et à la jupe cintrée se cache un véritable garçon manqué qui fait du cross, s’éclate au paint-ball comme au foot et joue avec des poupées autant qu’avec des bombes de peinture. Alors, sur les murs de Montpellier et d’ailleurs, la petite Sonpy affiche son univers ostrogénique où les girls abusent de leurs charmes pour appâter le regard des passants. C’est sa vision de la gent féminine que la jeune graffeuse de 27 ans souligne par des joues rondes, des fesses rebondies et des cils maquillés jusqu’aux pointes. « La femme doit donner envie. J’ai une approche sexy mignon de mes poupées cartoonisées, mais elles ne sont jamais provocatrices ! ». La graffeuse décline alors ses petites vamps à l’infini qu’elle module en fonction de son état d’esprit du moment. « Les attitudes, les expressions du visage et les couleurs évoluent en fonction de mon humeur ». Et dans cette profusion de ladies, la jeune artiste dévoile ce qu’elle aurait aimé représenter. « Je me sens garçon manqué, je dessine peut-être les femmes comme j’aurais voulu être ! »

Dans la cours des grand(e)s

Rien n’arrête Lady Sonp pour aller graffer les murs de la ville, même pas le froid qui a paralysé Montpellier le mois dernier. Sa drogue, c’est de faire défiler ses « nénettes » dans la rue, c’est ce désir accru d’imposer aux autres ce qu’elle a envie de voir, c’est aussi ce besoin irrépressible de s’en prendre à la morosité de nos murs gris. « J’attaque les murs avec mes couleurs ! » Des couleurs chatoyantes à l’image des peintures publicitaires indiennes qui l’ont grandement inspirée pendant son enfance. Mais s’il y a un artiste qui l’a influencé à son retour en France, c’est un ami de son frère, un certain Honk. La jeune ado était impressionnée par ce qu’il faisait et voilà que plus tard, l’artiste aujourd’hui en pleine ascension lui mettra le pied à l’étrier. « C’est grâce aux potes de mon frère qui laissaient des pages entières de croquis, lettrages et graffitis à la maison que j’ai eu cette envie d’apprendre. En particulier daddy Honk (CKT) qui m’a donné pas mal de conseils et m’a permis de trouver mes repères dans ce milieu majoritairement masculin. Par la suite, j’ai eu la chance de faire de bien jolies rencontres et de peindre aux côtés de très bons graffeurs  comme Saké (132), Vizion (MCZ – OC) ou encore Choq, un tueur à gage du perso ! T’apprends en regardant. Si t’es passionné et que t’aimes ça, ta détermination te fera évoluer. Et puis, c’est ça qui est bien dans le graff, c’est que tu n’en finis pas de progresser ! »

Aujourd’hui, Lady Sonp vole de ses propres ailes, expose à So Fresh ou encore chez Lewisa Home, customise des tonneaux de 60 kg sur commande et n’envisage pas meilleure galerie d’art que la rue. Elle a récemment vu naitre un tout nouveau projet : celui de donner du volume à Tima, une de ses black ladies. « Avec 34.CENT, Magali Saletes, Bertrand Legendre et en collaboration avec O3D Montpellier, j’ai fait un teaser en 3D avec un de mes persos. C’est un clin d’œil à Montpellier et au street art. Smole a posé quelques tags dans le décor. C’était une expérience géniale de créer mon personnage en trois dimensions. J’aimerais lancer une série et pourquoi pas le proposer comme dessin animé. » On croise donc les doigts pour que les poupées crèvent le petit écran. A femme vaillante, rien d’impossible !

Découvrez vite le teaser de Lady Sonp « Hello, my Name is Tima ».

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Amélie Sales - Éditrice de Busk Magazine ©2012-2016 Tous les textes et les photos sont protégés par un droit d'auteur. Reproduction interdite !

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