C215 // « On ne fait jamais que le portrait de soi-même ! »

By Amelie Sales — juin 21, 2012

Pochoiriste parisien au talent indéniable et dont la réputation à l’échelle internationale n’est plus à faire, C215 alias Christian Guémy, 38 ans, a posé ses pièces sur les murs et autres galeries du monde. De New-York en passant par la Russie ou encore le Maghreb, c’est en tant qu’invité d’honneur du festival K-Live qu’il est venu colorer la ville de Sète, début juin.

La boucle rebelle sur le front, les mains teintées de peinture, C215 s’est installé dans le patio d’une librairie sétoise ce vendredi 1er juin. Auprès d’Emmanuel de Brantes, curateur et parrain du festival K-Live, il dédicaçait ses livres que des fans lui tendaient. Sa signature, c’est le pochoir, son arme de prédilection pour exprimer toute sa sensibilité, sa vision du monde, son romantisme, sa folie, son univers imparfait qu’il tente de compenser dans la précision de ce support.

Stencil artist de renom, C215 n’hésite pas à confronter le regard des passants à celui de ses personnages qu’il poche dans la rue. Personnalité insaisissable et loup solitaire de la scène street art, il est connu et reconnu pour ses multiples portraits d’individus anonymes qui composent sa vie, de célébrités qui ont croisé sa route, d’animaux parfois, de sa fille Nina qui reste certainement sa seule muse. La force de ces visages n’aura échappé à personne, et c’est justement avec ferveur que Christian Guémy révèle tant de vie, de réalité et de caractère identitaire dans toutes ses œuvres. Mais qu’on se le dise, dans chacun de ses pochoirs, dans chaque regard qu’il souligne, chaque grain de peau qu’il brosse, chaque attitude qu’il dépeint, c’est une part de lui-même que nous livre C215. Une touche d’expression personnelle dans un écrin de souffrance, son art semble être son plus beau miroir mais aussi le fleuron de son exutoire.

L’œuvre nait à partir du moment où elle échappe à ton contrôle. C’est tout l’intérêt de la rue !

Sa meilleure thérapie reste donc la rue, celle avec qui il interagit le mieux. L’artiste borderline altère les murs, portes et autres boites aux lettres comme le temps et les circonstances bouleversent ses pochoirs. C’est là tout l’art de l’abandon. Un art qu’il cultive avec brio et qu’il prise par-dessus tout. Il cède des esquisses laissant une trace de son passage, une empreinte de son existence et dont la pérennité et l’altération restent incertaines. Il joue avec les objets de récupération pour leur donner un souffle nouveau, et de sa vie personnelle pour offrir un style universel. Mais l’idéal de la rue a ses limites et les perspectives poétiques de Christian Guémy se font aussitôt happées par les lois du commerce. Le musée à huis clos semble donc être le passage incontournable pour un artiste d’une telle envergure. Et si peindre pour une galerie n’est pas l’exercice qu’il préfère, C215 se prête volontiers au jeu d’une exhibition pour le plus grand bonheur de son public. Après son exposition Prophètes à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, il nous donne rendez-vous à l’Opéra Gallery à Paris en mars 2013. Plus près de chez nous, c’est dans les rues Frédéric Mistral ou encore des Députés que vous pourrez apprécier la griffe de son passage à Sète.

►►► Pour voir la galerie de C215, cliquez ici !
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